Comment se porte l’intérim BTP second-œuvre à Bourg-en-Bresse ?

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Rendez-vous aujourd’hui avec Romain, 31 ans, papa de deux enfants âgés de 3 ans et 6 ans. Il est aussi responsable de l’agence d’intérim BTP second-œuvre à Bourg-en-Bresse. Revenons ensemble sur son parcours riche en changements, le marché de l’emploi dans son secteur et ses projets pour l’avenir.

Inscription intérimaire

Peux-tu nous raconter ton parcours avant d’arriver chez LIP ?

J’ai obtenu un bac STG communication puis je devais continuer avec un BTS dans le commerce en alternance. C’était en 2008. Mais à cause de la crise économique que nous avons traversée, je n’ai pas trouvé d’entreprise donc je n’ai pas pu suivre ce cursus.

En échangeant avec des amis, j’ai découvert le métier de plâtrier-peintre. J’ai créé ma propre entreprise dans ce domaine d’activité. Pendant 5 ans j’ai exercé ce métier puis, pour des raisons personnelles et professionnelles, je n’avais plus envie de continuer dans ce secteur.

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En 2014, j’ai voulu reprendre mes études en commerce pour finir mon cursus entamé en 2008.

Comment es-tu arrivé chez LIP ?

Cette même année, je suis allé m’inscrire dans l’agence d’intérim LIP BTP à Bourg-en-Bresse en attendant de trouver la bonne école et le bon diplôme pour opérer ma reconversion professionnelle. Lors de mon inscription à l’agence, j’ai appris que l’équipe cherchait un chargé d’affaires pour développer la partie second-œuvre. Et voilà, j’ai postulé et j’ai rejoint l’aventure LIP comme ça !

Tu es toujours chargé d’affaires aujourd’hui ?

Eh bien non ! Je suis passé chargé de développement en 2018 et un an après, je devenais responsable de l’agence d’intérim BTP second-œuvre à Bourg-en-Bresse. Aujourd’hui, j’ai beaucoup de projets, notamment de développer la partie électricité et plâtrerie-peinture bien sûr !

Le métier manuel de plâtrier-peintre ne te manque pas ?

L’ambiance chantier me manque parfois. L’environnement est détendu, c’est plus simple mentalement. Avec le recul, je me rends compte que la fatigue physique que l’on éprouve à la fin d’un chantier est totalement différente de la fatigue mentale. Les deux ne sont pas du tout comparables.

Depuis quand l‘agence intérim second-œuvre de Bourg-en-Bresse est ouverte ?

Elle existe officiellement sous ce nom depuis 2018 mais en réalité, je développais chaque activité du second-œuvre depuis quatre ans. Nous avons simplement fait le choix de distinguer les pôles second-œuvre et gros-œuvre pour faciliter notre organisation et mieux répondre aux clients et candidats.

Combien de salariés permanents êtes-vous dans l’agence ?

Je suis accompagné d’un chargé d’affaires, Antoine, et en octobre 2021, nous avons accueilli Enora qui est chargée d’affaires junior en apprentissage. Nous sommes donc 3 salariés à travailler à plein temps pour cette agence intérim second-œuvre à Bourg-en-Bresse.

Est-ce facile de vous rendre visite en agence ?

Nous sommes dans une zone d’activité très dynamique, où il y a beaucoup de passages. Nous avons un parking à disposition pour les visiteurs et le bus est à proximité. Avant, nous étions en plein de la ville, dans ce que l’on appelait communément “la rue des intérim” car il y avait tous nos confrères. Tout le monde a fini par fuir le centre pour s’installer en périphérie et être plus facilement accessible et plus proche des clients.

Quelles sont les spécialités métiers de l’agence intérim second œuvre à Bourg-en-Bresse ?

Nous recrutons tous les professionnels du second œuvre, c’est-à-dire celles et ceux qui exercent des métiers d’intérieur, du sol au plafond. Menuisier, plombier, électricien, peintre, plaquiste… Nous avons de nombreuses offres d’emploi en CDI, CDD et intérim BTP à Bourg-en-Bresse.

Nous avons aussi des intérimaires dans le domaine de l’électricité industrielle et la maintenance. Chaque semaine, nous avons une cinquantaine de gars au planning, dont 5 CDI-intérimaires. Si je pouvais en avoir 40, ce serait super ! (rires)

Vos clients sont-ils plutôt des PME ou des grands groupes ?

La majorité de nos clients sont des PME et TPE spécialisées dans le BTP. Cela représente plus de 90% de notre portefeuille. Nous sommes fiers de travailler avec des petites structures familiales qui comptent moins de 10 salariés pour la plupart. A Bourg-en-Bresse, il y en a beaucoup. Sur la partie électricité, nous avons environ 15% de clients nationaux. Ici, il n’y a pas vraiment de grandes entreprises imposantes mais nous travaillons avec des clients reconnus et appréciés dans la région.

Nous tenons beaucoup à notre proximité géographique avec nos clients. 80% d’entre eux sont sur Bourg-en-Bresse même ou dans un périmètre de 15 km maximum. Ainsi, nous pouvons leur rendre visite rapidement et facilement et pouvons nouer une relation de confiance.

Vous arrive-t-il de collaborer avec d’autres agences du réseau LIP ?

Nous sommes très souvent en contact avec les agences de Mâcon, Dijon, Besançon et l’agence Electricité, Plomberie et Climatisation à Lyon. Nous avons des clients communs car nous sommes sur le même bassin d’emploi. On se communique des informations, il nous arrive de nous recommander des profils de candidats quand ils sont mobiles. Nous collaborons en toute intelligence, c’est une de nos forces de pouvoir compter sur le réseau LIP.

Focus sur le marché de l’emploi intérim BTP à Bourg-en-Bresse

Comment se porte l’activité du second-œuvre dans la région ?

Nous avons beaucoup de commandes de la part de nos clients mais très peu de profils à leur proposer. Le marché de l’emploi à Bourg-en-Bresse et ses environs bouge énormément. Chaque année, la ville grandit, il y a des financements, de gros chantiers notamment un immense hôpital qui est en chantier depuis six ans. Nous ne sommes pas en situation de plein emploi mais presque !

Quelle est votre stratégie pour continuer à vous développer ?

Nous investissons beaucoup dans le recrutement, les CVthèques et les sites emplois pour sourcer des candidats puisque c’est notre principale problématique aujourd’hui. Nous sommes aussi en contact avec Pôle emploi. Grâce aux efforts de toute l’équipe, nous arrivons à garder des plannings stables d’une semaine à l’autre mais nous sommes clairement à flux tendus.

Quels sont les métiers du BTP en pénurie ?

Globalement, tous les profils sont rares mais les plaquistes sont particulièrement inexistants depuis quelques années déjà à Bourg-en-Bresse. Nous n’en trouvons plus ! Quand on a un profil qui tient la route, on peut négocier le taux horaire plus facilement avec nos clients, c’est peut-être le seul avantage de la situation.

En 2019, c’était déjà compliqué. On pensait que la crise de la Covid allait débloquer des profils mais avec le recul, je crois que la situation est pire. Les intérimaires qui ne voulaient pas être embauchés avant ont finalement accepté pour avoir une situation stable. Quant aux clients, ils ont pris conscience des problématiques de main d’œuvre et ont recruté en CDI.

Dans notre agence d’intérim second œuvre à Bourg-en-Bresse, la moitié de nos gars sont embauchés chaque année ! Nous sommes donc constamment à la recherche de nouveaux intérimaires. Chaque embauche est une réussite pour nous mais aussi une vraie perte qu’il faut compenser constamment.

Constates-tu des changements par rapport à tes débuts chez LIP ?

Oui, complètement. Quand j’ai commencé en 2014, nous avions 40 profils disponibles pour seulement 4 commandes. Aujourd’hui c’est tout à fait l’inverse. On appelle constamment les intérimaires pour savoir s’ils sont en poste et en parallèle, nos clients nous sollicitent toujours plus.

Ces derniers mois, en raison de la crise sanitaire, nous avons eu plusieurs restaurateurs qui sont venus chez nous car ils veulent se réorienter vers le métier de manœuvre. Ils pensaient que ce serait une situation temporaire mais finalement, beaucoup ne sont pas retournés dans ce secteur et ne comptent pas reprendre leur activité de restaurateur.

As-tu un avis sur la pénurie de matière première dont on parle ?

Je pense que c’est plus une crainte qu’une réalité pour le moment, sauf peut-être pour la partie électrotechnique. Tout ce qui concerne le placo, il y en a encore. Ce qui est vrai en revanche, ce sont les prix des matières premières qui ont beaucoup augmenté. Certains de mes clients ne peuvent pas embaucher à cause de ça, c’est fou ! A cela s’ajoutent les nombreux arrêts de travail des salariés positifs à la Covid. Nos clients ne veulent pas recruter, même en intérim de peur de devoir stopper tout le monde.

Vous proposez des CDI, CDD et missions intérim dans le BTP à Bourg-en-Bresse ?

Beaucoup de nos clients historiques se servent de l’intérim comme période d’essai pour tester les compétences de nos intérimaires avant de les embaucher. Souvent, les contrats commencent par 4 à 6 mois d’intérim puis se transforment en CDI. Nous faisons très peu de placement direct, pour les raisons que j’évoquais précédemment.

Selon toi, pourquoi vos intérimaires choisissent de travailler en intérim ?

Beaucoup ont la quarantaine, leurs crédits sont déjà remboursés, ils n’ont donc pas de raisons financières à accepter un CDI. Avec un contrat d’intérim, ils gagnent 20% de plus qu’un salarié embauché grâce aux IFM et ICP. Certains nous disent aussi qu’ils ont moins de responsabilités même si nous leur rappelons qu’ils doivent toujours honorer leurs missions dans les règles. Ils se sentent plus libres ; quand ils ne veulent pas travailler, ils ne travaillent pas, c’est aussi simple que cela. Et je les comprends même si ce n’est pas une finalité.

Quelle est ta vision de l’intérim ?

Je n’ai jamais été intérimaire mais avec le recul et quand je vois les salaires et la qualité de vie qu’ont nos gars, je me dis que j’aurais dû ! Cela fait 7 ans qu’on me parle de précarité dans l’intérim, ça me fait vraiment rire. C’est une chimère totale ! C’était peut-être vrai dans les années 2000 mais en 2022, c’est complètement faux.

Les grands pensants de la télé font encore croire que l’intérim est synonyme de précarité mais dans les métiers du BTP, c’est tellement faux. C’est un choix que font nos intérimaires. D’ailleurs, j’ai une dizaine de gars qui m’ont clairement dit et répété qu’ils ne voulaient pas être embauchés. Ce sont de véritables intérimaires professionnels !

Grâce à l’intérim, peut-on accéder à des formations professionnelles ?

Oui, j’essaie notamment de faire passer le Caces nacelle à nos intérimaires les plus fidèles. C’est une façon de les remercier pour leur fidélité et de les récompenser pour le travail réalisé chez nos clients. Du côté des électriciens, nous gérons les recyclages et habilitations obligatoires.

Dans notre agence intérim second œuvre à Bourg-en-Bresse, nous accueillons nos intérimaires en agence pour discuter, boire un café. Nous allons également les voir sur les chantiers. Il nous arrive de faire du social dans les limites du raisonnable. Sans eux, je n’ai pas de salaire et inversement. On est dans le même bateau ! S’ils sont bien à leur poste, nous sommes biens, tout simplement. Nos relations sont saines et simples car nous sommes honnêtes avec les gars ; on ne leur ment pas, on les paye le mieux possible, à la hauteur de leurs compétences et leur implication.

Selon toi, l’intérim c’est une aventure tous les jours ou plutôt la routine ?

C’est quand même une aventure ! Nous avons une perle par semaine en général…

Tu as une anecdote à nous partager d’ailleurs ?

Oh oui ! Un jour, un intérimaire m’appelle pour me dire qu’il n’est pas au travail car il ne trouvait pas sa clé de voiture. Il m’explique qu’il a dû casser la vitre de sa voiture mais qu’au même moment, les policiers sont passés. Ils ont cru qu’il tentait de voler le véhicule donc ils l’ont embarqué au poste ! Je n’y croyais pas vraiment, ça me paraissait un peu dingue mais le lendemain, il y avait un article dans le journal local donc j’y ai cru. Au final, il vaut mieux rire de toutes ces situations et c’est ce que nous faisons !

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